Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre : fréquence, période et quantités en 2026

Le dosage de la bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau dépend du type de culture, de la concentration en cuivre du produit et d’un cadre réglementaire européen qui réduit les quantités autorisées. Avec un plafond annuel abaissé à 4 kg de cuivre métal par hectare et le retrait de plusieurs formulations par l’ANSES en 2025-2026, chaque gramme compte.

Cet article détaille les dosages par culture, les périodes d’application et les fréquences à respecter pour rester efficace sans dépasser les seuils.

Plafond de cuivre en 2026 : ce que change la réglementation pour vos dosages

Avant de parler grammes et litres, il faut intégrer une contrainte qui modifie la façon de raisonner ses traitements. Le règlement européen prolongeant l’approbation du cuivre jusqu’au 31 décembre 2029 a fixé un maximum de 28 kg de cuivre métal sur 7 ans, soit une moyenne de 4 kg/ha/an contre 6 kg/ha auparavant.

Pour un jardin potager de quelques dizaines de mètres carrés, ce plafond semble lointain. Il ne l’est pas tant que cela si vous traitez tomates, pommes de terre, vigne et fruitiers sur la même parcelle, à raison de plusieurs passages par saison. Chaque pulvérisation à dose élevée rapproche du seuil cumulé.

Depuis juillet 2025, l’ANSES a aussi retiré l’autorisation de mise sur le marché de 19 fongicides contenant du cuivre, dont des formulations classiques de bouillie bordelaise. Vérifiez que le produit que vous possédez dispose toujours d’une AMM valide avant de l’utiliser. En parallèle, les restrictions pour les particuliers se durcissent, avec une trajectoire vers une interdiction progressive au jardin amateur.

Femme préparant la bouillie bordelaise liquide bleue dans un pulvérisateur de jardin près d'un mur en pierre

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre : tableau par culture

Les valeurs ci-dessous concernent les produits du commerce dosés à 20 % de cuivre métal, la concentration la plus courante en jardinerie. Si votre produit affiche une teneur différente, l’étiquette du fabricant prévaut toujours.

Culture Dosage (g pour 1 litre d’eau) Période d’application Fréquence
Tomates, aubergines 10 à 12 g/L Printemps et été, en préventif Tous les 15 jours par temps humide
Pommes de terre 15 à 20 g/L Dès que les plants atteignent 15 cm Tous les 10 à 15 jours, après chaque pluie
Vigne 12 à 15 g/L Avant et après la floraison Tous les 15 jours jusqu’au grossissement des grains
Arbres fruitiers (pommier, poirier, pêcher) 15 à 20 g/L Automne (chute des feuilles) et printemps (avant ouverture des bourgeons) 2 à 3 applications par période
Rosiers, fraisiers, légumes sensibles 10 g/L Printemps, dès les premières pousses Tous les 15 à 20 jours

Un litre de bouillie bordelaise prête à l’emploi couvre environ 10 m² de potager. Pour traiter 50 m², préparez 5 litres en multipliant simplement le grammage par 5.

Pourquoi l’écart entre 10 et 20 g/L

La fourchette reflète la sensibilité de chaque plante au cuivre et l’intensité de la pression fongique. Les tomates, dont le feuillage est fin, supportent mal un excès : rester autour de 12 g/L limite les brûlures foliaires. Les arbres fruitiers en traitement d’hiver, sans feuilles, tolèrent des doses plus fortes qui forment un film protecteur sur l’écorce.

En revanche, dépasser 20 g/L n’améliore pas la protection. Le cuivre en excès ruisselle, se concentre dans le sol et reste biodisponible pendant plusieurs années, ce qui perturbe la vie microbienne.

Période et fréquence de traitement au jardin

La bouillie bordelaise est un fongicide de contact, exclusivement préventif. Elle ne guérit pas une plante déjà atteinte par le mildiou ou la tavelure. Toute l’efficacité repose sur le moment de la pulvérisation.

  • Au printemps, traitez avant l’ouverture des bourgeons sur les fruitiers et la vigne, puis dès que le feuillage des légumes est en place, avant les premières pluies chaudes qui favorisent le mildiou.
  • En été, renouvelez après chaque épisode pluvieux significatif, car la pluie lessive le film de cuivre déposé sur les feuilles. Un intervalle de 10 à 15 jours entre deux passages est un repère courant.
  • En automne, une application à la chute des feuilles sur les arbres fruitiers protège les cicatrices foliaires contre les champignons hivernants.
  • En hiver, un traitement sur bois nu (arbres fruitiers, vigne taillée) à dose plus forte complète la protection avant le redémarrage végétatif.

Pulvérisez toujours par temps sec, sans vent, et jamais en plein soleil. L’idéal reste le matin tôt ou la fin d’après-midi, quand les stomates sont partiellement fermés et que le produit adhère mieux aux surfaces.

Viticulteur appliquant la bouillie bordelaise sur les vignes avec un pulvérisateur à dos dans un vignoble en automne

Accumulation du cuivre dans le sol : le calcul que peu de jardiniers font

Le cuivre ne se dégrade pas. Chaque traitement ajoute une couche au stock déjà présent dans les premiers centimètres de terre. Sur une parcelle de potager traitée régulièrement pendant plusieurs années, la concentration peut atteindre des niveaux préoccupants pour les vers de terre, les champignons mycorhiziens et les bactéries du sol.

Le nouveau plafond européen de 4 kg de cuivre métal par hectare et par an oblige à compter ses apports. Concrètement, avec un produit à 20 % de cuivre métal, 20 g de poudre dans 1 litre apportent 4 g de cuivre. Si vous traitez 10 m² avec ce litre, cela représente 4 g pour 10 m², soit 4 000 g (4 kg) rapportés à l’hectare, en un seul passage.

Ce calcul montre qu’un unique traitement à dose maximale consomme la quasi-totalité du budget annuel de cuivre autorisé. Réduire la dose et cibler les périodes à risque réel (pluies chaudes, humidité persistante) devient une nécessité technique, pas seulement réglementaire.

Adapter la dose plutôt que la fréquence

Baisser la fréquence expose les plantes entre deux traitements. Baisser la dose par passage, en maintenant un intervalle régulier, permet de conserver un film protecteur tout en réduisant le cumul annuel. Sur tomates, passer de 12 g/L à 8 à 10 g/L avec des passages plus rapprochés par temps humide donne souvent un meilleur résultat global qu’un seul traitement massif.

Avec le retrait progressif de formulations classiques et la trajectoire réglementaire actuelle, ajuster ses dosages de bouillie bordelaise pour 1 litre n’est plus une simple question de recette. C’est un arbitrage entre efficacité fongique, santé du sol et conformité à un cadre qui se resserre chaque année jusqu’en 2029.